Surplus solaire : que faire de son électricité en trop ?
Depuis le 5 juin 2026, le surplus solaire de toute nouvelle installation est racheté 1,1 c€/kWh HT. Le même kilowattheure, si vous le consommez chez vous, vous économise de l'ordre de 20 c€. Un peu plus de dix-huit fois. Autant dire que la question n'est plus « comment revendre mon surplus ? » mais « comment faire pour ne plus en avoir ». Ce guide compare, chiffres à l'appui, les trois façons concrètes de consommer soi-même son électricité solaire : le pilotage des usages, le décalage des consommations, et le stockage sur batterie.
1. Pourquoi votre surplus ne vaut presque plus rien en 2026
L'arrêté du 1er juin 2026, qui modifie l'arrêté tarifaire dit « S21 » et a été publié au Journal officiel le 4 juin 2026, a redessiné toute l'économie du photovoltaïque résidentiel. Pour toute demande complète de raccordement déposée à partir du 5 juin 2026 (elle vaut demande de contrat si le producteur le demande), le tarif de rachat du surplus devient un tarif unique de 1,1 c€/kWh HT, indexé de 2 % par an : 1,12 c€ en année 2, 1,31 c€ en année 10, 1,60 c€ en année 20. Dans le même mouvement, la prime à l'investissement (aussi appelée prime à l'autoconsommation) a été supprimée. Ces éléments sont détaillés par Photovoltaique.info dans son analyse de l'arrêté S21.
Faisons le calcul le plus simple du monde. Un kWh (kilowattheure) est l'unité qui mesure une quantité d'électricité : c'est ce que consomme un radiateur de 1 000 watts pendant une heure. Combien vaut le vôtre ? Selon la proposition tarifaire de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) du 16 juillet 2026, portant sur les tarifs réglementés au 1er août 2026, la facture annuelle d'un ménage-type consommant 4,5 MWh passe à 1 072 € TTC : cela représente environ 24 c€ par kWh abonnement compris, soit une vingtaine de centimes pour la seule électricité consommée.
Mettons les deux chiffres côte à côte. Si vous injectez un kWh sur le réseau, on vous en donne 1,1 c€. Si vous le consommez vous-même au moment où il est produit, vous évitez d'acheter environ 20 c€ d'électricité. L'écart est d'un facteur dix-huit environ.
Ce basculement n'est pas une mauvaise nouvelle en soi : il déplace simplement la rentabilité. Elle ne vient plus de la revente ni de la prime, elle vient de l'autoconsommation — c'est-à-dire la part de votre production solaire que vous consommez directement chez vous, sans passer par le réseau. Si vous cherchez le détail des tarifs de rachat et des démarches administratives de la revente, nous les avons traités séparément dans notre article sur la revente du surplus photovoltaïque en 2026. Ici, on parle d'autre chose : de ce que vous faites du surplus une fois que vous avez compris qu'il ne se vend plus.
2. Combien de surplus produisez-vous vraiment ?
Avant de choisir une solution, il faut mesurer le problème. L'indicateur clé s'appelle le taux d'autoconsommation : c'est le pourcentage de votre production solaire que vous consommez sur place. Un taux de 40 % signifie que 60 % de ce que produisent vos panneaux part sur le réseau — et donc, en 2026, part quasiment pour rien.
Photovoltaique.info propose un exemple de calcul éclairant (méthode consultée en août 2026) : pour un foyer équipé d'une installation de 1 kWc et consommant 2 500 kWh par an, le taux d'autoconsommation calculé ressort à 38,3 % — donc 61,7 % d'injection sur le réseau. Attention à bien lire ce chiffre pour ce qu'il est : un exemple de calcul sur un cas précis — un profil situé à Nantes —, pas une moyenne nationale, et encore moins une valeur transposable telle quelle à la PACA. Votre situation dépend de votre profil de consommation, de la taille de votre installation et de vos habitudes.
Petit rappel de vocabulaire : le kWc (kilowatt-crête) mesure la puissance maximale de vos panneaux dans des conditions d'ensoleillement optimales. C'est la « taille » de l'installation. En région PACA, avec environ 2 700 heures d'ensoleillement par an, on compte généralement 1 400 à 1 600 kWh produits par kWc et par an. Une installation de 6 kWc produit donc de l'ordre de 8 400 à 9 600 kWh annuels. Si, comme c'est fréquent en l'absence de tout pilotage, la moitié ou plus de cette production part au réseau à 1,1 c€, vous laissez filer plusieurs centaines d'euros d'économies chaque année.
Une précision technique, souvent mal comprise : l'arrêté S21 prévoit qu'au-delà de 1 600 kWh par kWc et par an, l'électricité injectée n'est plus rémunérée. Ce plafond ne porte que sur l'énergie réellement injectée, qui ne représente qu'une fraction de la production : un particulier en vente de surplus ne l'atteint quasiment jamais. Mais il illustre bien la direction prise par la réglementation — tout pousse vers la consommation sur place.
La raison est mécanique : le soleil produit entre 11 h et 16 h, alors que la maison consomme surtout le matin et le soir. Sans aucun pilotage, la production et la consommation ne se rencontrent tout simplement pas. Pour approfondir la logique générale, voir notre guide complet de l'autoconsommation solaire.
3. Le routeur solaire : transformer son surplus en eau chaude
C'est la solution la plus simple et la moins coûteuse pour commencer. Un routeur solaire est un petit appareil installé dans votre tableau électrique. Il mesure en permanence, grâce à une pince ampèremétrique posée sur l'arrivée du compteur, ce qui partirait vers le réseau à l'instant T. Dès qu'il détecte du surplus, au lieu de le laisser filer, il le redirige vers un consommateur choisi — presque toujours le ballon d'eau chaude électrique.
La finesse du dispositif, c'est la modulation. Un contacteur classique fonctionne en tout ou rien : la résistance du ballon est allumée à pleine puissance, ou éteinte. Si vos panneaux produisent 800 W de surplus et que la résistance en demande 2 400 W, l'allumer vous ferait acheter 1 600 W au réseau. Le routeur, lui, envoie exactement 800 W dans la résistance, ni plus ni moins, et ajuste en continu au fil des nuages. On parle aussi de délestage : le fait de couper ou de moduler automatiquement un appareil électrique en fonction de l'énergie disponible.
Pourquoi le ballon d'eau chaude
Le chauffe-eau électrique est, dans la grande majorité des maisons, l'un des tout premiers postes de consommation pilotables : une puissance de 1 500 à 3 000 W et surtout une grande tolérance horaire. Peu importe que l'eau chauffe à 13 h ou à 2 h du matin, du moment qu'elle est chaude quand vous en avez besoin. Chauffer l'eau, c'est en réalité une forme de stockage : vous conservez de l'énergie sous forme de chaleur dans 200 litres d'eau, sans batterie et sans électronique complexe.
Les limites, dites honnêtement
- Il faut un ballon électrique à résistance. Un chauffe-eau au gaz n'est pas concerné. Un chauffe-eau thermodynamique (avec pompe à chaleur intégrée) ne se pilote pas de la même façon et demande des précautions : sa régulation interne supporte mal la modulation de puissance.
- La capacité est limitée à la contenance du ballon. Une fois l'eau à température, le routeur n'a plus rien à faire : le surplus repart au réseau.
- Le calendrier joue contre vous. L'été, votre production est maximale, mais votre besoin d'eau chaude est plus faible (l'eau froide du réseau arrive déjà tiède, les douches sont plus courtes). C'est précisément la saison où le surplus est le plus important.
- Cela ne fait rien pour le soir. Le routeur agit uniquement pendant les heures de production. Vos consommations de 20 h restent achetées au réseau.
Autrement dit : un routeur solaire fait très bien un travail précis, et rien d'autre. C'est une excellente première marche, rarement la solution complète.
4. Les autres usages pilotables
La logique est toujours la même : déplacer la consommation vers la plage 11 h - 16 h, là où vos panneaux produisent le plus. Plusieurs postes s'y prêtent, du plus rentable au plus anecdotique.
- La recharge de la voiture électrique. C'est de loin le plus gros levier quand on en possède une : une recharge représente facilement 30 à 60 kWh, soit plusieurs jours de surplus absorbés. Les bornes pilotables savent moduler leur puissance sur le surplus disponible. Le point de vigilance est évident : la voiture doit être à la maison en journée. Nous détaillons les configurations possibles dans notre article sur la recharge d'une voiture électrique avec ses panneaux solaires en PACA.
- La pompe à chaleur ou la climatisation réversible. En PACA, c'est un allié naturel : les pics de chaleur coïncident avec les pics de production. Rafraîchir la maison en début d'après-midi avec l'électricité solaire, plutôt qu'en soirée avec celle du réseau, transforme directement du surplus en confort. En hiver, la même logique s'applique pour préchauffer la maison en milieu de journée.
- La piscine. La pompe de filtration tourne plusieurs heures par jour et son horaire est totalement libre. La décaler en milieu de journée est un réglage gratuit, à faire dès la première semaine.
- Le lave-linge et le lave-vaisselle. Presque tous ces appareils disposent d'un départ différé. Programmer les cycles vers 13 h plutôt qu'en heures creuses de nuit est un gain modeste mais immédiat, sans aucun matériel.
Un système de management de l'énergie permet d'orchestrer plusieurs de ces usages ensemble, en les priorisant. Retenez ce point, il devient réglementairement décisif au chapitre 7.
5. La batterie : quand le surplus dépasse les usages pilotables
Le routeur et le décalage des usages ont un plafond : ils ne peuvent absorber que ce que la maison consomme pendant la journée. Quand votre production dépasse durablement ce plafond, ou quand vos consommations principales ont lieu le soir et la nuit, il faut stocker. C'est le rôle de la batterie : elle emmagasine le surplus de la journée et vous le restitue quand le soleil est couché.
C'est le métier d'AJ Power, notre filiale spécialisée dans le stockage. Voici la gamme et ses tarifs, sans ambiguïté :
| Modèle | Capacité | Prix HT | Prix TTC (TVA 20 %) |
|---|---|---|---|
| P15 | 15 kWh | 3 000 € HT | 3 600 € TTC |
| P30 | 30 kWh | 5 000 € HT | 6 000 € TTC |
| P45 | 45 kWh | 7 000 € HT | 8 400 € TTC |
Combien de temps pour rentabiliser ? Tout dépend de la quantité de surplus que vous stockez réellement, et méfiez-vous des durées annoncées sans hypothèse. Reprenons le ménage-type cité plus haut, qui consomme 4,5 MWh par an. Si la batterie couvre la moitié de cette consommation, soit 2 250 kWh par an que vous n'achetez plus au réseau à une vingtaine de centimes, l'économie est de l'ordre de 450 € par an : une P15 à 3 600 € TTC s'amortit alors en huit ans environ. Le calcul se raccourcit nettement pour un foyer gros consommateur, équipé d'une voiture électrique ou d'une pompe à chaleur, et s'allonge à l'inverse si la batterie est surdimensionnée. C'est exactement pour cela que le dimensionnement compte plus que la capacité brute affichée.
Reste la question du dimensionnement, qui est le vrai sujet : une batterie trop grande ne se remplit jamais complètement, une batterie trop petite sature à 15 h. Nous avons consacré un article entier à quelle capacité de batterie solaire choisir.
6. Routeur solaire ou batterie : comment choisir ?
| Critère | Routeur solaire | Batterie (AJ Power) |
|---|---|---|
| Usage couvert | Eau chaude sanitaire uniquement (ou un autre poste résistif) | Tous les usages de la maison, en journée comme la nuit |
| Ordre de grandeur d'investissement | Quelques centaines d'euros, pose comprise | 3 000 € HT (15 kWh) à 7 000 € HT (45 kWh), soit 3 600 à 8 400 € TTC |
| Ce que ça évite | D'acheter au réseau l'énergie de chauffe du ballon | D'acheter au réseau toute la consommation du soir et de la nuit |
| Quand ça s'arrête | Dès que le ballon est à température | Quand la capacité stockée est épuisée |
| Limites | Inutile l'été si peu de besoin d'eau chaude ; ne couvre pas la soirée ; incompatible gaz | Investissement supérieur ; nécessite un dimensionnement sérieux |
La conclusion honnête, c'est qu'il n'y a pas d'opposition entre les deux. Ils sont complémentaires et traitent des créneaux différents. Le routeur s'occupe de l'eau chaude à moindre coût pendant les heures ensoleillées ; la batterie prend le relais sur tout le reste, notamment la tranche 18 h - 23 h qui concentre une part importante des consommations d'un foyer. Sur une installation de taille moyenne, la démarche logique consiste souvent à commencer par décaler les usages gratuits (piscine, lave-linge), ajouter un routeur, puis dimensionner la batterie sur le surplus qui reste réellement.
7. Aides et réglementation 2026
Le cadre a été profondément remanié. Voici l'état exact des choses.
| Dispositif | Situation en 2026 |
|---|---|
| TVA installation photovoltaïque résidentielle ≤ 9 kWc | 5,5 % depuis le 1er octobre 2025, sous conditions cumulatives |
| TVA installation au-delà de 9 kWc | 20 % |
| Ancien taux intermédiaire de 10 % | Terminé depuis le 31 décembre 2025 |
| TVA sur les batteries de stockage | 20 % ; en opération unique |
| Prime à l'autoconsommation | Supprimée |
| Tarif de rachat du surplus (résidentiel) | 1,1 c€/kWh HT, tarif unique, indexé 2 %/an |
Le point que presque personne ne mentionne : le pilotage est devenu une condition du taux réduit
Le taux de 5,5 % n'est pas automatique. Parmi les conditions cumulatives exposées par Photovoltaique.info sur les taux de TVA applicables (page consultée en août 2026), figure l'obligation d'un système de management de l'énergie capable de piloter en continu au moins deux usages électriques — eau chaude sanitaire, chauffage, etc. — et de synchroniser la consommation avec la production solaire, de façon constante et autonome.
S'y ajoutent des critères de performance environnementale des modules (empreinte carbone, teneurs en argent, en plomb et en cadmium) ainsi que des exigences de qualification de l'installateur.
La conséquence est à retenir : piloter son surplus n'est plus seulement une question de rentabilité, c'est une condition d'accès au taux réduit de TVA. Attention toutefois à ne pas confondre les deux niveaux. Les réglages gratuits du chapitre 4 — départ différé du lave-linge, décalage de la pompe de piscine — font gagner de l'argent, mais ne remplissent pas la condition fiscale : l'administration exclut explicitement qu'un pilotage se limite à « une simple programmation horaire ou automatique ou à des actions de l'utilisateur ». Un routeur solaire seul ne suffit pas davantage, puisqu'il ne pilote qu'un seul usage. Ce qu'exige le texte, c'est le véritable système de management de l'énergie décrit plus haut, relié à au moins deux équipements électriques. Le détail des conditions figure dans notre article dédié aux conditions de la TVA à 5,5 % en 2026.
Pourquoi choisir AJ Solar
AJ Solar est un installateur certifié RGE QualiPV, basé à Velaux (13880) et intervenant dans toute la région PACA. Avec plus de 500 installations réalisées, nous connaissons les particularités locales : ensoleillement, contraintes de toiture, mistral, et surtout les profils de consommation réels des foyers de la région.
Notre accompagnement est complet : étude personnalisée de votre consommation, dimensionnement sur mesure de la puissance et du stockage, accompagnement administratif de bout en bout, et suivi de production après la mise en service. Pour le stockage, notre filiale AJ Power conçoit et fournit les batteries P15, P30 et P45, ce qui nous permet de traiter production, pilotage et stockage dans un seul projet cohérent — et de vous éviter le grand classique du panneau posé par l'un et de la batterie mal dimensionnée par l'autre.
Conclusion : le surplus se consomme, il ne se vend plus
Retenez la mécanique : à 1,1 c€/kWh de rachat contre une vingtaine de centimes le kWh acheté, chaque kilowattheure que vous parvenez à consommer vous-même vaut un peu plus de dix-huit fois celui que vous injectez. Commencez par les réglages gratuits (piscine, électroménager décalés en milieu de journée), ajoutez un routeur solaire pour l'eau chaude, puis dimensionnez une batterie sur le surplus qui reste. Un dernier rappel, pour éviter le contresens le plus coûteux : depuis le 1er octobre 2025, la TVA à 5,5 % suppose en plus un véritable système de management de l'énergie. Les réglages gratuits et le routeur seul font gagner de l'argent, mais ne suffisent pas à remplir cette condition fiscale.
Pour savoir ce que cela donne chez vous, avec votre toiture et vos habitudes de consommation, deux façons de nous solliciter : demandez votre devis gratuit ou appelez-nous directement au 04 42 78 69 52 — nous étudions votre profil de consommation avant de proposer quoi que ce soit. Et si vous voulez un premier ordre de grandeur sans engagement, estimez votre production en 2 minutes avec notre simulateur en ligne.